Vigie Matières premières : un outil d'aide à la décision et de suivi du contexte des matières premières agricoles

Soja

  • Surveiller et hiérarchiser les données du marché
  • Voter pour se repérer et se comparer
  • Anticiper par des simulations prospectives

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Edito du mois

A l’heure oùTravis Kalanick, patron d’Uber, quitte définitivement le groupe, la révolution opérée dans le monde des taxis (et sans doute sur le rapport à la voiture de façon plus générale), a déjà essaimé sur d’autres marchés. L’uberisation de l’agriculture est ainsi une réalité qu’il ne faut pas sous-estimer. Le contact direct du producteur au consommateur, facilité par internet, ne touche pas seulement l’urbain en quête d’un circuit court local. Aux USA, les négociants de matières premières sont de plus en plus court-circuités dans la commercialisation des céréales ou du soja. La progression des capacités de stockage à la ferme, le développement de plateformes d’enchères numériques, réinventent les rapports entre acteurs du marché. Les maillons intermédiaires doivent en tirer les leçons et trouver des parades et des services pour se rendre incontournables. Car si le phénomène ne représente pour l’instant qu’un faible pourcentage des contrats, il rompt déjà un équilibre fragile.  L’arrivée d’Amazon sur le marché du frais, et son rachat des supermarchés bio Whole Foods est aussi révélateur de la progression d’Internet dans notre alimentation. Le secteur de la distribution physique commence à paniquer de tous les côtés de l’Atlantique. Il est vrai que démarrer dans le food sur la partie la plus haut de gamme et productrice de marge est la meilleure façon pour le géant américain, de rentabiliser la logistique et de mettre à genou ses concurrents. Reste que les cyberattaques à répétition doivent nous faire réfléchir à notre dépendance au clavier !

Bel été à vous

Patricia Le Cadre

rédigé le 27 juin 2017

Accrochez vos ceintures !

Difficile de choisir un angle d’attaque ce mois-ci, tellement les choses se précipitent. Les fondamentaux agricoles restent désespérément haussiers avec une Nina qui s’avère historique et devrait continuer à nous occuper un bon moment. Historique aussi sera la bataille entre productions pour grappiller des hectares supplémentaires...Car contrairement à 2007/08, toutes les cultures, du maïs au coton en passant par le blé, le sucre ou le soja ont besoin de voir leur production augmenter. Et si nous passons à la sphère économique, là encore la sérénité n’est pas de mise. Le putsch allemand que nous sommes en train de vivre sur la gouvernance économique de l’U.E pourrait être décisif pour l’évolution des marchés obligataires, boursiers et monétaires...De quoi laisser la volatilité en tête du hit parade des mots les plus utilisés en 2011.

 

Point de route du mois

Mise en ligne le 26 juin 2017

MP protéiques : les analystes ont encore révisé à la hausse la production 16/17 de soja et abaissé celle de colza. Au final, cela accentue toujours plus la dépendance des besoins protéiques au soja sur la saison en cours. Pour en savoir plus...

MP énergétiques : les stocks mondiaux de maïs reculent en maïs et stagnent en blé. Mais si on enlève la Chine de ce calcul, on voit que les réserves baissent pour les deux céréales, mais plus doucement. Par contre la différence est nette pour les ratios stocks/consommation, le meilleur des indicateurs ! Pour en savoir plus...

Météo : malgré une alerte sur El Nino qui a disparu des écrans radars, nous sommes entrés dans un weather market plus que logique dans l’hémisphère nord. Après trois années de récoltes record, les USA pourraient marquer le pas. Pour l’instant, les conditions ne mettent pas en danger le maïs ou le soja, mais pénalisent déjà fortement le blé de qualité (tout comme au Canada).. Pour en savoir plus...

Autres commodités : les espoirs des investisseurs dans les promesses de croissance mondiale, dans les accords pour réguler le pétrole, et dans les risques d’inflation ont fait long feu. Les commodités sont désertées, et ça n’est pas l’économie réelle qui pourrait leur sortir la tête de l’eau.Pour en savoir plus...

Economie: comme pour la rubrique devises, il reste intéressant de surveiller ce qui se passe dans les pays non occidentaux qui compteront à l’horizon 2040-2050, pour 6 des 10 principales économies mondiales (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, Mexique). Ainsi, le projet pharaonique de la nouvelle route de la soie, va redonner toute sa place à l’Eurasie. Ce qui explique aussi le contournement du dollar. D’ailleurs, lorsque l’on suit l’évolution des subprimes auto aux USA, qui pourraient bien être les catalyseurs d’une nouvelle crise financière, on comprend qu’il est plus que temps de changer de référentiel. Mais l’U.E ne risque-t-elle pas de rater le coche ? Pour en savoir plus...

Devises : le yuan reste la devise à suivre, même si le monde n’a d’yeux que pour le dollar et les Français pour l’euro ! Ce mois-ci deux nouvelles sont un peu passées inaperçues et sont pourtant lourdes de sens. La première concerne l’UE où pour la première fois, la BCE a vendu des dollars contre des yuans au sein de sa réserve de change. La deuxième correspond à la mise en place d’un fond d’investissements commun à la Chine et la Russie, en yuans. Dans le même temps, Moscou et Pékin sont en train de discuter de la création d’une banque russo-chinoise afin de faciliter les opérations en monnaies nationales des deux pays.  Si le basculement de la Russie vers l’Est se poursuit, sous notre amicale pression, il faut aussi comprendre l’évolution de la BCE comme une volonté de prendre nos distances face à des USA jouant cavalier seul dans la guerre commerciale. Contourner le dollar finira par changer les référentiels des marchés internationaux, et sans doute plus vite qu’on ne le croit. Pour en savoir plus...

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Les acheteurs doivent profiter de la trêve des confiseurs pour remplir leur hotte. Les fondamentaux des marchés des céréales restent haussiers, mais nous assisterons à des corrections liées aux liquidations des hedge funds chaque fois qu’une nouvelle perturbera le marché du Forex. La dernière en date a entraîné un réarbitrage entre les positions short en dollars et longues en grains. Blé et maïs dévissent alors ensemble, tout en respectant un ratio lié à leur utilisation. Mais la consolidation est rapide (surtout en blé de qualité), car les utilisateurs sont toujours là pour profiter de cette opportunité. En effet nous ne sommes pas encore à des niveaux de prix qui rationnent la demande. Si le maïs est le produit dont le bilan mondial est le plus tendu, c’est cependant le blé qui doit reprendre la main. Le maïs ne peut en effet pas continuer à monter sur le Cbot si le blé ne donne pas de nouvelle impulsion. Nous avons pour l’instant atteint le seuil critique du ratio blé/maïs aux USA. Face à cela, le blé français doit s’adapter, en fonction de la parité monétaire seulement. Le fret ne peut plus faire la différence.

 
Utilisateur
Citation du mois

"si vous mettez deux économistes dans la même pièce, vous aurez trois avis différents".

Proverbe