Vigie Matières premières : un outil d'aide à la décision et de suivi du contexte des matières premières agricoles

Soja

  • Surveiller et hiérarchiser les données du marché
  • Voter pour se repérer et se comparer
  • Anticiper par des simulations prospectives

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Edito du mois

Dette, le mot de la fin ?

Pendant que certains barbotaient mollement dans la piscine, d’autres profitaient de l’été pour fourbir leurs armes. Les banques centrales, qui ne savent plus quoi dire devant l’impuissance de leurs actions, ne rassurent plus les initiés de la finance. L’or physique reprend du poil de la bête, et le bitcoin, nouveau refuge sans état ni banque, a vu sa cotation exploser depuis deux mois. Il paraîtrait que les gérants de fonds y placent leurs économies personnelles ! Alors au-delà des fondamentaux lourds dans le marché des grains, il serait peut-être temps de réfléchir à l’impact d’une crise boursière ou obligataire sur les marchés agricoles. Et l’effet pourrait bien être différent de celui de 2008. A vos méninges !

Patricia Le Cadre

rédigé le 31 Août 2017

Accrochez vos ceintures !

Difficile de choisir un angle d’attaque ce mois-ci, tellement les choses se précipitent. Les fondamentaux agricoles restent désespérément haussiers avec une Nina qui s’avère historique et devrait continuer à nous occuper un bon moment. Historique aussi sera la bataille entre productions pour grappiller des hectares supplémentaires...Car contrairement à 2007/08, toutes les cultures, du maïs au coton en passant par le blé, le sucre ou le soja ont besoin de voir leur production augmenter. Et si nous passons à la sphère économique, là encore la sérénité n’est pas de mise. Le putsch allemand que nous sommes en train de vivre sur la gouvernance économique de l’U.E pourrait être décisif pour l’évolution des marchés obligataires, boursiers et monétaires...De quoi laisser la volatilité en tête du hit parade des mots les plus utilisés en 2011.

 

Point de route du mois

Mise en ligne le 31 août 2017

MP protéiques : la saison 17/18 confirme une très bonne récolte de soja, même si elle est un peu moins élevée que l’an passée (-4Mt). A 345 Mt, cela constitue le second record historique. En termes d’offre cependant, nous explosons les compteurs suite au report de stocks de soja. Au final, pour les sept principaux oléagineux, les disponibilités mondiales dès le mois de septembre sont en hausse de 20 Mt, soit une progression de 3%. Pour en savoir plus...

MP énergétiques : le recul de la production mondiale de blé mais surtout de maïs, d'une saison sur l'autre, ne se confirme pas dans les prix pour le moment.  Il faut dire qu'il va d'abord falloir apurer les stocks avant de repartir sur une tendance haussière. Les producteurs font de la rétention un peu partout, apportant un support aux cotations cependant. Ils espèrent sans doute un regain de la demande à ces niveaux de prix attractifs (elle semble en effet sous évaluée dans les bilans). Mais il faudrait que la croissance mondiale soit au rendez-vous, ce qui ne semble pas encore pour demain. Pour en savoir plus...

Météo : le weather market estival est dernière nous, et nous avons connu plus de peur que de mal aux USA comme en Europe. Les conditions de récolte des maïs et sojas dans l’hémisphère nord s’annoncent bonnes. Reste à surveiller le temps trop sec en Australie (culture du blé) et au Brésil (semis soja et maïs). Pour en savoir plus...

Autres commodités : l’économie réelle n’est malheureusement pas ce qui permettra aux commodités de relever la tête. Alors, qu’en sera-t-il du comportement des investisseurs en cas de crise ? En 2008 (juillet puis septembre), les positions longues sur les grains s’étaient allégées (appel de marge sur les autres actifs financiers) et les prix avaient diminué.  Mais aujourd’hui, la situation serait haussière car les spéculateurs sont globalement short sur maïs, soja et blé (ils ont vendu de la marchandise qu’ils ne possèdent pas encore).  Par contre, les managed funds sont « long » en pétrole et surtout en or. Pour en savoir plus...

Economie: bien que Jackson Hole captive les médias, il n’y avait rien à attendre de deux spécialistes de la langue de bois. Draghi et Yellen ne peuvent pas remonter les taux, au risque de déclencher un krach obligataire. Point barre. Il y aura sans doute des ajustements, mais à la marge. Mais les bulles immobilières qui se sont formées un peu partout dans le monde et celles sur les cryptomonnaies (le bitcoin a explosé à la hausse cet été) sont sans doute plus à surveiller. Coté USA, il semble que Trump ait été « recadré » par le Deep state, et peu de réformes sont à attendre. La négociation pour le relèvement du plafond de la dette en septembre sera sans doute là encore le moment pour le chef de l’état de ravaler ses ambitions. Quant à l’UE, la Commission a profité de la torpeur estivale pour continuer à pondre des lois visant à confisquer l’argent des comptes en banques (après celui des PEA). Signe que les temps ne sont pas aussi cléments que ça ! Pour en savoir plus...

Devises : les crypto-monnaies sont-elles en train de détrôner les monnaies classiques ? Faut-il plus s’intéresser au bitcoin (dont le cours a explosé cet été) qu’au dollar en plein débâcle ou à l’euro qui caracole sans bonnes raisons ? Face à la manipulation par les banques centrales des taux de change, et à la répression financière, il est clair que la recherche de monnaies non liées à un état ou à une banque est tentant. Face à toutes les bulles qui pourraient bien éclater cet automne (nous avons le choix pour décider qui tirera le premier !), les monnaies numériques rendues viables par le protocole de blockchain provoquent un engouement. Les initiés sont les premiers servis (les gérants de fonds y échangent leurs économies personnelles) et la demande s’emballe. A quand des achats de soja en bitcoins sans intermédiaire ? Pour en savoir plus...

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Les acheteurs doivent profiter de la trêve des confiseurs pour remplir leur hotte. Les fondamentaux des marchés des céréales restent haussiers, mais nous assisterons à des corrections liées aux liquidations des hedge funds chaque fois qu’une nouvelle perturbera le marché du Forex. La dernière en date a entraîné un réarbitrage entre les positions short en dollars et longues en grains. Blé et maïs dévissent alors ensemble, tout en respectant un ratio lié à leur utilisation. Mais la consolidation est rapide (surtout en blé de qualité), car les utilisateurs sont toujours là pour profiter de cette opportunité. En effet nous ne sommes pas encore à des niveaux de prix qui rationnent la demande. Si le maïs est le produit dont le bilan mondial est le plus tendu, c’est cependant le blé qui doit reprendre la main. Le maïs ne peut en effet pas continuer à monter sur le Cbot si le blé ne donne pas de nouvelle impulsion. Nous avons pour l’instant atteint le seuil critique du ratio blé/maïs aux USA. Face à cela, le blé français doit s’adapter, en fonction de la parité monétaire seulement. Le fret ne peut plus faire la différence.

 
Utilisateur
Citation du mois

"si vous mettez deux économistes dans la même pièce, vous aurez trois avis différents".

Proverbe