Vigie Matières premières : un outil d'aide à la décision et de suivi du contexte des matières premières agricoles

Soja

  • Surveiller et hiérarchiser les données du marché
  • Voter pour se repérer et se comparer
  • Anticiper par des simulations prospectives

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Edito du mois

La valse des stocks chinois

Le silence qui a accompagné la révision des stocks chinois par le Conseil International des Grains en décembre 2017 à l’occasion de sa prospective à 5 ans est assourdissant. Alors que les investisseurs ont des réactions épidermiques dès que les réserves mondiales gagnent ou perdent 1 Mt, nous parlons ici d’une remise à niveau de 100 Mt !! Une paille qui n’a fait broncher personne. Nous voilà donc à 314 Mt de réserves mondiales, alors que l’Usda table toujours sur 203 Mt. Le coup de baguette statistique du CIC est expliqué par une surévaluation de la consommation intérieure chinoise qui a donc été remise à niveau, permettant ainsi de publier un bilan mondial à 5 ans qui se serait avéré explosif sans cette mise au point ! L’organisme avoue pourtant que les informations en provenance de la Chine restent d’une opacité rare. Le problème c'est que le bilan mondial du maïs est loin d’avoir la même allure sur le court et moyen terme selon que l’on se base sur l’Usda ou le CIC.  Alors, qui croire ?

Patricia Le Cadre

rédigé le 26 février 2018

Accrochez vos ceintures !

Difficile de choisir un angle d’attaque ce mois-ci, tellement les choses se précipitent. Les fondamentaux agricoles restent désespérément haussiers avec une Nina qui s’avère historique et devrait continuer à nous occuper un bon moment. Historique aussi sera la bataille entre productions pour grappiller des hectares supplémentaires...Car contrairement à 2007/08, toutes les cultures, du maïs au coton en passant par le blé, le sucre ou le soja ont besoin de voir leur production augmenter. Et si nous passons à la sphère économique, là encore la sérénité n’est pas de mise. Le putsch allemand que nous sommes en train de vivre sur la gouvernance économique de l’U.E pourrait être décisif pour l’évolution des marchés obligataires, boursiers et monétaires...De quoi laisser la volatilité en tête du hit parade des mots les plus utilisés en 2011.

 

Point de route du mois

Mise en ligne le 26 février 2018

MP protéiques : malgré la baisse de 14Mt de la future récolte sud-américaine de soja, les stocks des 7 principaux oléagineux progressent à un plus haut historique de 110 Mt, soit un ratio stocks/consommation de 19.9%. Le soja représente la part du lion avec 93 Mt fin août 2018 (ratio 27.3%) soit 15 Mt de plus en deux ans ! Sur le papier, nous ne manquons pas d’oléagineux. Alors pourquoi les prix se sont-ils réveillés à Chicago ? Pour en savoir plus...

MP énergétiques : la configuration de la saison actuelle est très différente de la précédente. Malgré une faible hausse de la production de blé, les stocks continuent à progresser. Mais en maïs, après une forte progression des réserves en 16/17 (production record), celles-ci commencent à refluer grâce à une consommation très énergique face à une récolte en baisse. Pour en savoir plus...

Météo :tous les yeux sont rivés sur l’Argentine, où les incantations ne suffisent pas à faire revenir la pluie. Le soja entre dans une phase critique de remplissage des gousses, or la Nina ne devrait s’évanouir qu’en avril. Si elle commence à décliner, ses effets devraient encore se faire sentir dans les prochaines semaines. De la vitesse à laquelle se déroulera son retrait, dépendra le développement de la culture de maïs (qui a un peu plus de temps pour être impactée que l’oléagineux). Pour en savoir plus...

Autres commodités : certains s’inquiétaient de ne pas voir les investisseurs sur les marchés des commodités. D’une part, leur rendement a été particulièrement faible ces dernières années, comparé à d’autres actifs, et la prévalence du HTF a éloigné de nombreux fonds de cette activité. Mais avec la montée des inquiétudes sur le marché obligataire et le krach boursier de début février, les spéculateurs semblent de nouveaux accorder de l’intérêt aux matières premières. En effet, la faible corrélation actuelle entre ce secteur et les autres marchés financiers est justement ce qui attire les fonds d'investissement pour une solution de diversification du risque. Pour en savoir plus...

Economie: bien que tous les investisseurs se soient fait peur en début de mois avec le décrochage du marché actions, le vrai danger ne semble pas là. Ce qui serait grave, ce serait la chute des obligations souveraines, car la dette est à la base de toutes les bulles actuelles. C’est pourquoi cette correction boursière a plutôt fait les affaires de la FED. Elle a en effet ramené pour un temps les investisseurs vers le marché obligataire, qui ne faisait plus recette (hausse des taux par crainte d’un krach). Pour en savoir plus...

Devises : si certains pensaient encore que les marchés étaient efficients, ils viennent d’avoir la preuve irréfutable que le Forex n’est que la résultante de la politique monétaire des banques centrales. L’exemple le plus frappant est la décorrélation actuelle de la valeur du dollar face aux taux US. Alors que ceux-ci sont nettement plus rémunérateurs que les taux européens, les investisseurs vendent le billet vert pour acheter l’euro… Cherchez l’erreur. Pour en savoir plus...

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Les acheteurs doivent profiter de la trêve des confiseurs pour remplir leur hotte. Les fondamentaux des marchés des céréales restent haussiers, mais nous assisterons à des corrections liées aux liquidations des hedge funds chaque fois qu’une nouvelle perturbera le marché du Forex. La dernière en date a entraîné un réarbitrage entre les positions short en dollars et longues en grains. Blé et maïs dévissent alors ensemble, tout en respectant un ratio lié à leur utilisation. Mais la consolidation est rapide (surtout en blé de qualité), car les utilisateurs sont toujours là pour profiter de cette opportunité. En effet nous ne sommes pas encore à des niveaux de prix qui rationnent la demande. Si le maïs est le produit dont le bilan mondial est le plus tendu, c’est cependant le blé qui doit reprendre la main. Le maïs ne peut en effet pas continuer à monter sur le Cbot si le blé ne donne pas de nouvelle impulsion. Nous avons pour l’instant atteint le seuil critique du ratio blé/maïs aux USA. Face à cela, le blé français doit s’adapter, en fonction de la parité monétaire seulement. Le fret ne peut plus faire la différence.

 
Utilisateur
Citation du mois
guenassia

"On ne savait pas" est un mensonge collectif rassurant.

Jean-Michel Guenassia