Vigie Matières premières : un outil d'aide à la décision et de suivi du contexte des matières premières agricoles

Soja

  • Surveiller et hiérarchiser les données du marché
  • Voter pour se repérer et se comparer
  • Anticiper par des simulations prospectives

Lire la suite...

 

Edito du mois

Les instituts de sondage et les médias ont cela de particulier, qu'ils semblent souvent raconter une histoire qui est la leur.  Un analyste de marché ou un trader pêche aussi souvent par le biais de confirmation. Il va chercher l'information qui conforte son point de vue, plutôt  que  de décortiquer des renseignements contradictoires. C'est humain...mais cela réserve souvent des surprises qu'on aurait pu éviter.  Sur les marchés agricoles, il est intéressant de voir comment les mêmes statistiques inintéressantes  sont mis en avant chaque mois.  Pourtant, nous avons matière à travailler.  Suivre au plus près  les  marchés monétaires (et pas seulement la paire €/$) permet non pas de trouver la martingale absolue en matière d'arbitrage sur les céréales ou le soja, mais au moins de construire plusieurs scénarios et de mettre en face les stratégies adaptées.  Le monde n'est ni blanc, ni noir; et les commodités agricoles jamais complètement haussières ou baissières. Tout est question de périmètre, de timing et de point de vue !

Patricia Le Cadre

rédigé le 2 novembre 2016

Accrochez vos ceintures !

Difficile de choisir un angle d’attaque ce mois-ci, tellement les choses se précipitent. Les fondamentaux agricoles restent désespérément haussiers avec une Nina qui s’avère historique et devrait continuer à nous occuper un bon moment. Historique aussi sera la bataille entre productions pour grappiller des hectares supplémentaires...Car contrairement à 2007/08, toutes les cultures, du maïs au coton en passant par le blé, le sucre ou le soja ont besoin de voir leur production augmenter. Et si nous passons à la sphère économique, là encore la sérénité n’est pas de mise. Le putsch allemand que nous sommes en train de vivre sur la gouvernance économique de l’U.E pourrait être décisif pour l’évolution des marchés obligataires, boursiers et monétaires...De quoi laisser la volatilité en tête du hit parade des mots les plus utilisés en 2011.

 

Point de route du mois

Mise en ligne le  6 décembre 2016

Protéines : la révision à la hausse de la récolte américaine de soja (+3 Mt) entraîne un alourdissement des stocks mondiaux de fin de campagne en oléagineux.  Une révision à la baisse de la consommation enfonce un peu plus le clou.  Le ratio stocks/consommation mondial passe de 17.7% il y a un mois, à 18.6% aujourd'hui. Nous finirions la saison au même niveau que fin 15/16, ce qui est un peu plus tendu que 14/15. Pour en savoir plus...

Energie : des stocks mondiaux de grains encore révisés à la hausse par l'IGC, et qui franchissent la barre des 500 Mt (503 Mt) fin 16/17. La hausse sur la saison attendrait 28 Mt. Si 40% (200 Mt) des réserves de céréales se situent en Chine, la révision de novembre est surtout liée à la progression des stocks de maïs aux USA (+17 Mt d'une année sur l'autre) alors qu'ils refluent dans l'Empire du Milieu (-5 Mt). Cela semble une goutte d'eau face aux 104 Mt restant dans le pays, mais indique un  changement de tendance essentiel. Pour en savoir plus...

Météo : la météo n'est pas un facteur déterminant des prochaines semaines, sauf en Argentine où les semis de maïs et de soja doivent absolument être finalisés. Il faudra aussi surveiller le froid qui pourrait entraver la logistique fluviale (Mississipi, Danube, Rhin) et les embarquements en Mer Noire au cours des mois d'hiver. Pour en savoir plus...

Commodités : les marchés bruissent de milles peurs et l'incertitude n'a jamais été aussi forte depuis plusieurs mois. L'élection de Trump, les remous européens, l'accord de l'OPEP dessinent de nouveaux rapports de force qui ne manqueront pas de faire évoluer les cours des commodités dans les prochains mois. Mais après les paroles, le marché attend des faits. En attendant de connaître à quelle sauce les actions et les obligations seront mangées, le rempart contre l'inflation que représentent les commodités pourrait retrouver du service. Pour en savoir plus...

Economie : le marché des obligations, immensément plus profond que celui des actions, n'est pas suivi par le citoyen Lambda. Les investisseurs qui pariaient sur de l'argent gratuit sans fin, ont été pris de revers sur le marché US, où l'inflation pointerait son nez (ce qui reste encore à vérifier). Ce sont les propositions de dépenses massives de Trump qui ont fait revenir le spectre d'une hausse des prix. Du coup, sur deux mois, les obligations ont encaissé une perte de 2 800 milliards de dollars tandis que les rendements (du 10 ans) ont augmenté de 52 points depuis le plus bas de juillet dernier aux USA. Cela n'a pas fait la moindre une des journaux télévisés, qui nous offrent par contre toujours la côte du CAC40 en fin de JT...Pour en savoir plus...

Devises : le dollar est au plus haut depuis 13 ans face à de nombreuses devises de pays exportateurs (ringgit, real, peso, euro, etc.). Cela tombe mal, à l'heure où les silos Us débordent de blé ou de maïs. Le billet vert exerce une pression à la baisse sur les commodités, ce qui ne fait pas les affaires des agriculteurs et des exportateurs américains. Si la paire euro/dollar occupe les esprits européens, le yuan continue à dévisser dans la plus grande indifférence semble t-il. Pourtant, c'est bien lui qui imprime le rythme des achats de soja, ou de viandes.Pour en savoir plus...

Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE

Les acheteurs doivent profiter de la trêve des confiseurs pour remplir leur hotte. Les fondamentaux des marchés des céréales restent haussiers, mais nous assisterons à des corrections liées aux liquidations des hedge funds chaque fois qu’une nouvelle perturbera le marché du Forex. La dernière en date a entraîné un réarbitrage entre les positions short en dollars et longues en grains. Blé et maïs dévissent alors ensemble, tout en respectant un ratio lié à leur utilisation. Mais la consolidation est rapide (surtout en blé de qualité), car les utilisateurs sont toujours là pour profiter de cette opportunité. En effet nous ne sommes pas encore à des niveaux de prix qui rationnent la demande. Si le maïs est le produit dont le bilan mondial est le plus tendu, c’est cependant le blé qui doit reprendre la main. Le maïs ne peut en effet pas continuer à monter sur le Cbot si le blé ne donne pas de nouvelle impulsion. Nous avons pour l’instant atteint le seuil critique du ratio blé/maïs aux USA. Face à cela, le blé français doit s’adapter, en fonction de la parité monétaire seulement. Le fret ne peut plus faire la différence.

 
Utilisateur
Citation du mois

wilde

"Quand les gens sont de mon avis, j'ai toujours le sentiment de m'être trompé."

Oscar Wilde