Vigie Matières premières : un outil d'aide à la décision et de suivi du contexte des matières premières agricoles

Soja

  • Surveiller et hiérarchiser les données du marché
  • Voter pour se repérer et se comparer
  • Anticiper par des simulations prospectives

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Edito du mois

Juger Donald Trump à l’instantanéité de ses tweets, c’est occulter qu’il est un des rares hommes politiques à inscrire ses actions dans le temps long. La démondialisation en cours n’est pas un caprice qui ne durera que le temps d’un demi-mandat. Si le président sort renforcé des élections de novembre (et il est bien parti pour cela), l’« America Great Again » va continuer à imprimer son rythme sur tous les marchés. Les choix de l’administration Trump sont dangereux pour l’économie mondiale. Le financement du déficit public US ne peut plus passer par la FED qui réduit la voilure. Voilà donc les investisseurs qui quittent les pays émergents pour chercher du rendement aux USA. La Turquie, l’Argentine sont les premières à tomber, et l’effet de dominos est difficile à prévoir. Les marchés agricoles sont en première ligne et les cartes sont en train d’être redistribuées. Sur le marché du soja, il y aura un avant et un après…

Patricia Le Cadre

rédigé le 28 septembre 2018

Accrochez vos ceintures !

Difficile de choisir un angle d’attaque ce mois-ci, tellement les choses se précipitent. Les fondamentaux agricoles restent désespérément haussiers avec une Nina qui s’avère historique et devrait continuer à nous occuper un bon moment. Historique aussi sera la bataille entre productions pour grappiller des hectares supplémentaires...Car contrairement à 2007/08, toutes les cultures, du maïs au coton en passant par le blé, le sucre ou le soja ont besoin de voir leur production augmenter. Et si nous passons à la sphère économique, là encore la sérénité n’est pas de mise. Le putsch allemand que nous sommes en train de vivre sur la gouvernance économique de l’U.E pourrait être décisif pour l’évolution des marchés obligataires, boursiers et monétaires...De quoi laisser la volatilité en tête du hit parade des mots les plus utilisés en 2011.

 

Point de route du mois

Mise en ligne le 28 septembre 2018

MP protéiques : pléthore ?  Entre une production des 10 principaux oléagineux attendue en nette hausse sous la pression du soja (si la météo est clémente en Amérique du Sud cet hiver), et des stocks déjà très importants (aux USA), l’offre mondiale pourrait bien progresser de 4% en 18/19. Si la Chine était aussi affamée que les années précédentes, cela aurait sans doute un impact limité. Mais la guerre commerciale sino-américaine a non seulement entraîné une remise en cause des approvisionnements protéiques de l’Empire du Milieu, mais a aussi remis en question ses pratiques en nutrition animale. Et nous voilà avec une demande en oléagineux attendue seulement en hausse de 2% cette saison (contre 4% les quatre saisons précédentes).Pour en savoir plus...

MP énergétiques : à bien y regarder les fondamentaux, la décote actuelle du prix du maïs face à celui du blé est difficile à expliquer. Peut-être que la part investie sur cette céréale fourragère par les « managed funds », plus conséquente que pour le blé, est une des explications au décrochage d’avec les fondamentaux. Pourtant, nous avons une consommation de maïs qui progresse fortement au niveau mondial (biocarburants et alimentation animale) alors que celle de blé stagne depuis plusieurs saisons. Pour en savoir plus...

Météo : la météo reste un driver de nos marchés, mais à part l’Australie où les jeux semblent faits pour le blé et le colza, les conditions climatiques sur les semis et récoltes en cours n’inquiètent pas réellement. Surveillons cependant la mousson décevante en Inde et la montée des températures en Chine. Pour en savoir plus...

Autres commodités : les commodités, dont la faible corrélation actuelle avec les autres marchés financiers pourrait attirer les fonds d'investissement, en période d’instabilité politico-économique, ne font toujours pas recette. Le secteur énergétique, qui avait semblé retrouver la faveur des fonds il y a plusieurs mois, semble de nouveau boudé, malgré le renchérissement du pétrole. La crainte d’une récession mondiale plane sur la tête des investisseurs, qui continuent à rechercher du rendement ailleurs. Pour en savoir plus...

Economie: dix ans après la faillite de Lehman Brothers, le niveau de la dette a beaucoup augmenté, dépassant largement le niveau atteint en 2008. Une situation logique puisqu’avec des taux très bas voire négatifs, l’épargne est punie. Le système dollar factice/argent facile a permis l'emprunt dans des proportions encore jamais vues.  La dette mondiale, créée par le système financier (banques centrales et préteurs) atteignait près de 240 000 milliards de dollars fin 2017(10000 milliards en 1981).  Mais c'est l'économie réelle qui doit la rembourser. Traditionnellement, elle ne peut soutenir qu'une dette égale à 1,5 fois le PIB.  Nous sommes avec un ratio dette/PIB à un niveau au plus haut historique guerre et paix confondues, à l'exception de la Seconde Guerre mondiale. Avec un PIB mondial de 90 000 milliards de dollars, nous avons un "excès" de 115 000 milliards de dollars – au-delà de ce que l'économie peut supporter. C'est pour cette raison qu'une crise de la dette est inévitable. Pouvez-vous imaginer un monde chargé de 250 000 milliards de dollars de dettes (presque 3 fois son PIB) avec des taux d'intérêt à 5% ? Pour en savoir plus...

Devises : aujourd'hui, le système monétaire international est un patchwork composé de taux de change flottants, de pegs plus ou moins flottants, de guerres des devises, de libre circulation ou de contrôle des capitaux, et d'une monnaie mondiale qui attend en coulisse. Il n'est arrimé à rien. Il est incohérent comme l’a déjà précisé l’ex-président de la Fed, Ben Bernanke, ou John Lipsky, ex-directeur du FMI en entretiens privés. On peut juger chaque monnaie par rapport à une autre, mais selon les règles actuelles, il n'existe aucun moyen de juger une monnaie, quelle qu'elle soit, par rapport à un étalon objectif. Pour en savoir plus...

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Les acheteurs doivent profiter de la trêve des confiseurs pour remplir leur hotte. Les fondamentaux des marchés des céréales restent haussiers, mais nous assisterons à des corrections liées aux liquidations des hedge funds chaque fois qu’une nouvelle perturbera le marché du Forex. La dernière en date a entraîné un réarbitrage entre les positions short en dollars et longues en grains. Blé et maïs dévissent alors ensemble, tout en respectant un ratio lié à leur utilisation. Mais la consolidation est rapide (surtout en blé de qualité), car les utilisateurs sont toujours là pour profiter de cette opportunité. En effet nous ne sommes pas encore à des niveaux de prix qui rationnent la demande. Si le maïs est le produit dont le bilan mondial est le plus tendu, c’est cependant le blé qui doit reprendre la main. Le maïs ne peut en effet pas continuer à monter sur le Cbot si le blé ne donne pas de nouvelle impulsion. Nous avons pour l’instant atteint le seuil critique du ratio blé/maïs aux USA. Face à cela, le blé français doit s’adapter, en fonction de la parité monétaire seulement. Le fret ne peut plus faire la différence.

 
Utilisateur
Citation du mois

"L’économie n’est pas un jeu à somme nulle. Nous pouvons restructurer la mondialisation au bénéfice de tous."

Joseph Stiglitz