Vigie Matières premières : un outil d'aide à la décision et de suivi du contexte des matières premières agricoles

Soja

  • Surveiller et hiérarchiser les données du marché
  • Voter pour se repérer et se comparer
  • Anticiper par des simulations prospectives

Lire la suite...

 

Edito du mois

Les Noëls passent… et ne se ressemblent pas.

Si les marchés boursiers nous avaient habitué à fêter la fin d’année en fanfare depuis quelques temps, 2018 sera l’exception.  Les valeurs bancaires ont chuté lourdement, la Deutsche Bank finissant décembre à la cave. Jamais l’action n’a valu ce prix (7€). Même au plus fort de la crise en 2009, elle s’échangeait à 17 euros.  Malgré le désastre de la banque allemande, les champions bancaires des créances douteuses sont italiens et français. La capitalisation des banques italiennes n'est que de 60 milliards d'euros, quatre fois moins que les créances douteuses. Comble de malheur, elles sont aussi lourdement lestées d'obligations de l'Etat italien. Les banques françaises ne font guère mieux, avec 142 milliards de créances peu recommandables. Les derniers stress tests sur 48 banques européennes ne rassurent que la BCE, car il suffit de regarder le scénario de crise ridicule retenu et les membres du comité consultatif de la banque centrale (51 sièges pour Deutsche Bank, BNP Parisbas et Société Générale) pour comprendre que cela reste un jeu de dupes qui ne trompe que les non-initiés. Malgré les annonces de Draghi sur la fin du QE, il se pourrait bien que des opérations de sauvetage de grande envergure soient devant nous. En décembre, les 19 ministres des finances de la zone euro ficelaient un accord permettant de préparer des mécanismes d’effacement des dettes ou de faillite en bon ordre. Mais les médias étaient trop occupés à nous montrer les gilets jaunes s’agitant sur les ronds-points, pour relayer et expliquer ces informations autrement plus dangereuses pour le portefeuille des citoyens européens. Si un krach devait survenir, et nos indicateurs de crise ont viré plus rouge que la tenue du Père Noël, cela entrainerait une évolution des marchés des matières premières loin de leurs fondamentaux.

Patricia Le Cadre

rédigé le 21 décembre 2018

Accrochez vos ceintures !

Difficile de choisir un angle d’attaque ce mois-ci, tellement les choses se précipitent. Les fondamentaux agricoles restent désespérément haussiers avec une Nina qui s’avère historique et devrait continuer à nous occuper un bon moment. Historique aussi sera la bataille entre productions pour grappiller des hectares supplémentaires...Car contrairement à 2007/08, toutes les cultures, du maïs au coton en passant par le blé, le sucre ou le soja ont besoin de voir leur production augmenter. Et si nous passons à la sphère économique, là encore la sérénité n’est pas de mise. Le putsch allemand que nous sommes en train de vivre sur la gouvernance économique de l’U.E pourrait être décisif pour l’évolution des marchés obligataires, boursiers et monétaires...De quoi laisser la volatilité en tête du hit parade des mots les plus utilisés en 2011.

 

Point de route du mois

Mise en ligne le 21 décembre 2018

Tourteaux : à moins d’une catastrophe d’ici la fin de la récolte sud-américaine, nous ne manquerons pas de graines de soja dans les 12 prochains mois. Face à cela, la progression de la demande mondiale en protéines ralentit, à cause de la Chine qui s’est adaptée à la nouvelle donne américaine, notamment en limitant son gaspillage. Pour en savoir plus...

Céréales : bien que les stocks de report mondiaux de blé puissent reculer de 10 Mt à 15 Mt selon les sources en fin de campagne (mais encore en hausse de 60 Mt depuis la saison 14/15), et que le ratio stocks/consommation hors Chine rebaisse à 22% environ, il n’y a pas de problèmes de disponibilités pour faire face à la demande mondiale. Celle-ci reste faiblarde (+0,3/+1 Mt), ce qui limite les tensions. Si on regarde de plus près les bilans, on note bien des prévisions en baisse du négoce mondial (4 à 5 Mt selon les sources) sur cette campagne, en lien avec un ralentissement de la croissance mondiale. Pour en savoir plus...

Météo : si la probabilité d’un épisode El Nino est désormais majeure, ceui-ci devrait être de faible intensité. Il ne fait donc pas l’objet d’une prime de risque pour l’instant. Les dégats météo opérés sur les colzas et les blés européens et australiens sont intégrés pour l’instant, dans l’attente pour les cultures d’hiver de connaître leur état à la sortie de leur sommeil. C’est donc principalement l’impact des conditions hivernales sur la logistique Mer Noire qui pourrait être potentiellement facteur de volatilité dans les prochains mois. Surveillons aussi les pluies sur la Corn Belt qui peuvent vraiment dégrader le stockage à la ferme en extérieur. Pour en savoir plus...

Autres commodités : le secteur des commodités reste en berne, ne représentant pas pour le moment une valeur refuge. La montée des incertitudes politico-économiques pourrait inverser la donne. Pour l’instant, en tout cas, les investisseurs sont peu exposés. Notamment depuis la purge opérée sur le pétrole. Pour en savoir plus...

Economie: la météo économique n’est pas au beau fixe. Depuis 10 ans, nous n’avons réglé aucun problème. Les tombereaux de liquidités déversés par les banques centrales n’ont pas fait repartir la machine. La croissance achetée à coup de dettes n’en est pas une. 2019 s’avère une année pleine de challenges à relever, alors que la boite à outils en cas de crise majeure semble bien vide. Pour en savoir plus...

Devises : alors que l’euro fêtera son 20e anniversaire en janvier, les prochains mois seront sans doute décisifs pour prendre des actions concrètes afin de réformer l’union monétaire avant les élections européennes de mai prochain. Selon Draghi, qui cessera ses fonctions en octobre 2019, il est temps d’agir ! On se demande ce qu’il a fait pendant tout son mandat… Les membres du directoire de la BCE reconnaissent que l’euro pourrait pâtir des divergences en matière de dettes entre les membres de l’Est et de l’Ouest de la zone euro. Doux euphémisme pour dire que la devise pourrait exploser en vol, face à l’exaspération des peuples italiens, français, espagnols…. Le problème, c’est que le temps nécessaire pour trouver des accords n’est pas compatible avec le temps rapide des marchés, des crises, et des difficultés économiques des pays membres de la zone euro. Les hétérogénéités menacent évidemment la stabilité de l’eurozone. Depuis 2008, rien n’a été réglé. Nous n’avons fait que mettre la poussière sous le tapis. Soit, nous faisons beaucoup plus d’Europe (mais les Allemands ne sont pas prêts à payer pour les autres), soit nous faisons beaucoup moins ! Pour en savoir plus...

Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE

Les acheteurs doivent profiter de la trêve des confiseurs pour remplir leur hotte. Les fondamentaux des marchés des céréales restent haussiers, mais nous assisterons à des corrections liées aux liquidations des hedge funds chaque fois qu’une nouvelle perturbera le marché du Forex. La dernière en date a entraîné un réarbitrage entre les positions short en dollars et longues en grains. Blé et maïs dévissent alors ensemble, tout en respectant un ratio lié à leur utilisation. Mais la consolidation est rapide (surtout en blé de qualité), car les utilisateurs sont toujours là pour profiter de cette opportunité. En effet nous ne sommes pas encore à des niveaux de prix qui rationnent la demande. Si le maïs est le produit dont le bilan mondial est le plus tendu, c’est cependant le blé qui doit reprendre la main. Le maïs ne peut en effet pas continuer à monter sur le Cbot si le blé ne donne pas de nouvelle impulsion. Nous avons pour l’instant atteint le seuil critique du ratio blé/maïs aux USA. Face à cela, le blé français doit s’adapter, en fonction de la parité monétaire seulement. Le fret ne peut plus faire la différence.

 
Utilisateur
Citation du mois
"Une dette qui ne crée pas de croissance est une mauvaise dette".

Marc Touati