Edito du mois
La volatilité des marchés agricoles est en partie liée à leur financiarisation. Cela rend leur lecture de plus en plus compliquée. Non seulement parce que les fondamentaux n’ont pas toujours la main, mais aussi parce que les marchés à terme ne sont que la partie émergée de l’iceberg financier. La montée en puissance des opérations de gré à gré sur les devises, les taux ou les commodités est très inquiétante, parce qu’elles sont opaques et mal assurées. Difficiles à pister parce qu’hors bilan dans les banques, ces produits pourraient bien être les nouveaux subprimes.
Mais au-delà du risque économique qui pèse sur les matières premières, le risque politique est grandissant. La montée du protectionnisme agricole saute aux yeux, aussi bien en Amérique du Sud, qu’en Asie. C’est une autre source de volatilité.
Le marché à terme est-il alors, la meilleure option pour gérer son risque ? Aujourd’hui, beaucoup de contrats sont indexés sur ces marchés organisés On peut ainsi acheter du son meunier via une prime par rapport au blé sur Euronext. De fait, le pourcentage de produits utilisés en alimentation animale variant avec les soubresauts des marchés à terme, est en augmentation, faussant le jeu des substitutions entre produits. Alors qu’à partir de juin, les opérateurs pourront s’arbitrer sur les blés d‘origine Mer Noire, il est grand temps de s’interroger sur cette évolution.
Patricia Le Cadre
rédigé le 25 avril 2012
