Le Brésil est au marché mondial du maïs ce que la Russie est à celui du blé. Deux géants, dont les surfaces agricoles et les rendements ont encore des potentiels de progression importants. Ces deux exportateurs ont engrangé des récoltes record cette saison, et cloué au sol les cotations sur les marchés à terme. Le petit poucet français reste soumis aux velléités commerciales de ces deux mastodontes, qui ont mis la charrue avant les bœufs. Dans les deux cas, le stockage et la logistique ne sont pas encore à leur optimal, et les débouchés ne sont assurés qu’à coup de force sur le marché international. Malgré les prix bas, la demande ne suffit pas à faire dégonfler les stocks chez les exportateurs. Les cotations s’y affichent sous les coûts de production dans les campagnes, engendrant une rétention qui ne fait l’affaire de personne. Alors que le multilatéralisme a volé en éclat (les accords bilatéraux fleurissent plus vite que des jonquilles au printemps un peu partout), il serait illusoire de croire que seule une évolution des parités monétaires en notre faveur pourrait nous tirer de ce bourbier. Nous devons allons chercher de la valeur ajoutée en transformant au maximum nos matières premières, sinon, les céréales françaises resteront définitivement la variable d’ajustement dans les bilans mondiaux.

Patricia Le Cadre

rédigé le 30 novembre 2017

Accrochez vos ceintures !

Difficile de choisir un angle d’attaque ce mois-ci, tellement les choses se précipitent. Les fondamentaux agricoles restent désespérément haussiers avec une Nina qui s’avère historique et devrait continuer à nous occuper un bon moment. Historique aussi sera la bataille entre productions pour grappiller des hectares supplémentaires...Car contrairement à 2007/08, toutes les cultures, du maïs au coton en passant par le blé, le sucre ou le soja ont besoin de voir leur production augmenter. Et si nous passons à la sphère économique, là encore la sérénité n’est pas de mise. Le putsch allemand que nous sommes en train de vivre sur la gouvernance économique de l’U.E pourrait être décisif pour l’évolution des marchés obligataires, boursiers et monétaires...De quoi laisser la volatilité en tête du hit parade des mots les plus utilisés en 2011.