Edito du mois
Crise ou transition ?
Indices boursiers et prix agricoles doivent, chacun de leur coté, se reconnecter à la réalité. Pour les premiers, il s’agit de descendre, pour les seconds de monter...raisonnablement.
Dans un monde parfait en effet, le CAC 40 devrait refléter la santé de l’économie réelle et le prix du blé, celui du bilan offre/demande. Dont acte !
Mais les choses ne sont jamais aussi simples. Car contrairement à 07/08, les liquidités à placer sur les marchés sont énormes. En attendant qu’elles ne s’épuisent avec les mesures d’austérité (ce qui n’est pas pour demain) ou un krach boursier, elles vont continuer à prendre en otage le premier marché venu, pour peu qu’il soit générateur de volatilité. Malheureusement, la crise économique éloigne les investisseurs des marchés actions, alors même que les obligations américaines perdent de leur sex appeal. A l’inverse, nous vivons une période de transition majeure en agriculture, en raison des changements climatiques et de la gestion de la rareté à venir. Du pain béni pour ceux qui traquent les fluctuations. Voilà pourquoi, nous allons devoir gérer pendant encore un moment, les biais introduits par des investisseurs opportunistes sur les marchés à terme du blé, du maïs ou du soja. Le casino agricole a encore de beaux jours devant lui !
Patricia Le Cadre
rédigé le 24 août 2010


